L'information, relayée par Euronews à partir du quotidien espagnol El Mundo, évoque une alerte américaine transmise à plusieurs pays européens. Le scénario décrit porterait sur une possible opération russe avec des drones Gerbera lancés depuis des navires marchands, visant des cibles en Espagne, en France ou en Italie.

L'article cite le journaliste Xavier Colás, ancien correspondant en Russie, et situe l'origine de l'alerte dans une visite à Moscou du directeur de la CIA John Ratcliffe au mois d'août. L'hypothèse évoquée est celle d'un mode opératoire discret : des navires qui semblent participer au trafic commercial ordinaire, mais qui pourraient servir de plateformes de lancement.

Le drone Gerbera, au centre des inquiétudes

Le Gerbera est présenté comme un drone russe de petite taille, peu coûteux et difficile à détecter. D'après les éléments rapportés par El Mundo et Euronews, il mesurerait environ deux mètres, pèserait autour de 18 kilos et pourrait parcourir jusqu'à 600 kilomètres à environ 160 km/h.

Sa charge explosive serait réduite, autour de quelques kilos. L'objectif ne serait donc pas forcément de provoquer des destructions massives, mais de créer un choc : fermer temporairement un aéroport, déclencher un incendie, perturber une infrastructure ou montrer que Moscou peut atteindre l'arrière de l'Europe.

Pourquoi le sud de l'Europe est cité

Le point sensible, c'est la distance. Dans l'imaginaire collectif, le risque russe est souvent associé au flanc est de l'Europe : Pologne, pays baltes, Ukraine. Mais une attaque lancée depuis la mer Méditerranée changerait la lecture du danger, car elle contournerait cette logique géographique.

L'expert britannique Keir Giles, cité par Euronews, résume l'idée ainsi : Moscou chercherait « le point le plus faible de l'Europe ». Cela peut viser des pays moins préparés à une menace venue de la mer, ou des espaces où la défense antidrone est plus difficile à organiser.

Ce qui est confirmé, et ce qui ne l'est pas

Il faut rester prudent : une alerte de renseignement n'est pas une attaque confirmée. Emmanuel Macron a d'ailleurs affirmé que la CIA n'avait pas directement informé les services français d'une telle attaque. Côté italien, des responsables ont également appelé à ne pas alimenter une panique inutile.

Mais le sujet n'est pas anodin. Depuis plusieurs mois, les pays européens alertent sur des actes hybrides attribués à la Russie : sabotage, cyberattaques, drones, pressions sur des infrastructures et opérations dont l'objectif est autant psychologique que militaire.

Ce qu'il faut retenir

Le scénario décrit par El Mundo n'est pas présenté comme une certitude. Il montre surtout que les services occidentaux surveillent de nouveaux modes d'action : moins visibles, moins coûteux, mais capables de produire un fort impact médiatique et politique.

Pour l'Espagne, la France et l'Italie, l'enjeu est désormais d'anticiper : surveillance maritime, défense aérienne, renseignement partagé et protection des infrastructures sensibles.