Une revendication qui reste à distinguer des faits confirmés

Les rebelles houthis du Yémen ont affirmé lundi 26 octobre avoir mené une nouvelle attaque contre l’aéroport international Roi-Khaled de Riyad. Le mouvement, soutenu par l’Iran, dit également avoir visé des stations de pompage de l’oléoduc Est-Ouest de l’Arabie saoudite.

La coalition dirigée par Riyad a confirmé avoir intercepté un missile lancé vers la capitale. Elle n’a toutefois pas confirmé dans l’immédiat que l’aéroport ou les installations pétrolières revendiquées par les Houthis avaient été atteints. Reuters souligne cette absence de confirmation saoudienne.

Ce que dit la coalition saoudienne

Selon la coalition, le projectile intercepté provenait du Yémen. Elle affirme par ailleurs avoir détruit deux lanceurs de missiles balistiques à Sanaa, dont l’un aurait servi au tir dirigé vers Riyad.

Les autorités ont également annoncé des opérations contre des tunnels, des sites de stockage et d’autres lanceurs attribués aux Houthis. Ces déclarations proviennent d’une partie au conflit et ne peuvent pas toutes être vérifiées de manière indépendante.

Un aéroport déjà visé en octobre

Cette nouvelle revendication intervient après plusieurs attaques contre des infrastructures aéroportuaires saoudiennes au cours du mois. L’aéroport de Riyad avait partiellement repris ses opérations dans deux terminaux dimanche, après une précédente attaque meurtrière revendiquée par les Houthis.

Le 11 octobre, Reuters rapportait qu’une série de frappes contre l’aéroport avait fait au moins treize morts et plus de 300 blessés selon les autorités et les gouvernements concernés. Les nouvelles alertes compliquent la reprise du trafic et renforcent les inquiétudes concernant la sécurité de l’aviation civile.

Les infrastructures pétrolières également visées

Les Houthis affirment avoir attaqué les stations de pompage de l’oléoduc Est-Ouest, long d’environ 1 200 kilomètres. Cette infrastructure relie les zones de production de l’est du royaume à la mer Rouge et permet de contourner en partie le détroit d’Ormuz.

Dans un contexte de tensions régionales et de perturbations maritimes, toute menace sur cet oléoduc peut peser sur les marchés de l’énergie. Aucune conséquence opérationnelle sur le débit n’était cependant confirmée dans les premières informations disponibles.

Une escalade régionale préoccupante

Les attaques et contre-attaques marquent la fin du calme relatif qui prévalait depuis la trêve négociée sous l’égide des Nations unies en 2022. La coalition a intensifié ses frappes au Yémen, tandis que les Houthis multiplient les tirs de missiles et de drones contre des aéroports, des ports et des installations pétrolières saoudiennes.

Le principal point de vigilance reste désormais la vérification indépendante des cibles réellement touchées, d’éventuels dégâts et d’un bilan humain. En l’absence de ces éléments, la revendication ne peut pas être présentée comme la preuve que l’aéroport a été frappé lundi.