Une qualification maintenue malgré la question psychiatrique
Laurent Nuñez a réaffirmé lundi 26 octobre le caractère terroriste et raciste de l’attaque commise trois jours plus tôt à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Interrogé sur les troubles psychiatriques supposés de l’homme arrêté, le ministre de l’Intérieur a déclaré que cette situation « n’enlèvera pas le qualificatif d’attentat terroriste ».
Cette prise de position intervient alors que l’état de santé mentale du suspect fait l’objet d’évaluations. Elle ne tranche toutefois ni sa responsabilité pénale ni les conclusions de l’enquête : ces questions appartiennent aux experts puis aux magistrats.
Un mort et cinq blessés dans les Yvelines
Vendredi 23 octobre, un homme armé a ouvert le feu depuis une voiture en plusieurs points de Trappes et de La Verrière. L’attaque a fait un mort, un homme de 26 ans, et cinq blessés, parmi lesquels une adolescente de 12 ans. Le suspect, âgé de 39 ans, a été arrêté peu après à Coignières.
Le Parquet national antiterroriste s’est saisi de l’affaire. L’enquête porte notamment sur des faits d’assassinat et de tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante d’un ciblage fondé sur l’appartenance réelle ou supposée à une race, une ethnie, une nation ou une religion.
La piste d’un ciblage raciste au cœur de l’enquête
Selon plusieurs sources proches de l’enquête citées par l’AFP et Le Monde, le suspect aurait expliqué avoir voulu venger les commerçants victimes des pillages du 17 octobre et avoir ciblé des personnes noires ou arabes. Ces déclarations présumées, les lieux des tirs et le choix des victimes sont examinés par les enquêteurs.
Emmanuel Macron avait qualifié les faits d’« attaque terroriste raciste » lors de son déplacement à Trappes. Laurent Nuñez reprend donc cette qualification politique, tandis que l’information judiciaire doit établir avec précision l’intention, la préparation et le mobile de l’auteur présumé.
Troubles psychiatriques et terrorisme : deux questions distinctes
La présence de troubles psychiatriques n’empêche pas, à elle seule, qu’un acte soit juridiquement analysé comme terroriste. Le droit distingue la nature et le mobile des faits de la responsabilité pénale de leur auteur. Une expertise doit déterminer si son discernement était intact, altéré ou aboli au moment de l’attaque.
Une altération du discernement peut être prise en compte par la juridiction. Une abolition peut, dans certaines conditions, conduire à une déclaration d’irresponsabilité pénale. Aucune de ces conclusions ne peut être anticipée sur la seule base d’informations médicales rapportées dans la presse.
Une enquête encore en cours
Les enquêteurs poursuivent l’exploitation du véhicule, de l’arme, du domicile et des appareils numériques saisis. Ils cherchent notamment à établir le degré de préparation, l’existence éventuelle de contacts idéologiques et la chronologie exacte des tirs.
La qualification retenue au début d’une enquête peut évoluer à mesure que les éléments sont réunis. À ce stade, la saisine du PNAT demeure en vigueur et la présomption d’innocence s’applique au suspect.



