Une figure des débuts du GIGN

Paul Barril est mort mardi 20 octobre à l’âge de 80 ans. Officier de gendarmerie, il a appartenu aux premières générations du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale et en a assuré le commandement par intérim au début des années 1980. Son nom est resté associé à la montée en puissance de cette unité spécialisée.

Il a participé à des opérations de libération d’otages et de neutralisation de forcenés, avant d’être impliqué dans la création de la cellule antiterroriste de l’Élysée sous le premier septennat de François Mitterrand, aux côtés de Christian Prouteau.

De l’Élysée à la sécurité privée

Après son départ de la gendarmerie, Paul Barril a fondé plusieurs entreprises de sécurité et de conseil. Il a travaillé auprès de responsables politiques et de gouvernements étrangers, notamment en Afrique. Il a aussi publié des ouvrages racontant sa carrière et sa version de dossiers sensibles de la présidence Mitterrand.

Cette seconde partie de sa vie professionnelle lui a valu une réputation de personnage aussi médiatique que controversé. Ses récits ont souvent mêlé souvenirs d’opérations, affirmations difficiles à vérifier et accusations visant des responsables publics.

Des affaires et controverses durables

Paul Barril a été associé à l’affaire dite des Irlandais de Vincennes, dans laquelle des soupçons de manipulation de preuves avaient visé des membres de la cellule antiterroriste. Son rôle exact a fait l’objet de longues controverses publiques et judiciaires.

Ses activités au Rwanda en 1994 ont également été contestées. La FIDH, la Ligue des droits de l’homme et Survie ont déposé en 2013 une plainte pour complicité de génocide. Rapporter cette procédure ne vaut pas déclaration de culpabilité : Paul Barril a toujours contesté les accusations portées contre lui et aucune condamnation définitive pour complicité de génocide n’est mentionnée dans les sources consultées.

Un parcours qui traverse plusieurs zones d’ombre

L’ancien capitaine avait aussi été mis en cause dans l’affaire du cercle de jeux Concorde. Après une période de détention provisoire, il avait été remis en liberté puis relaxé. Cette issue doit être rappelée pour ne pas présenter une mise en examen comme une condamnation.

Atteint depuis plusieurs années par la maladie, Paul Barril s’était fait plus discret. Sa mort clôt le parcours d’un acteur important de l’histoire du GIGN, mais aussi d’un homme dont les activités privées et les prises de position ont continué à susciter débats, enquêtes et critiques.

Une photographie d’archives au crédit non établi

Le portrait utilisé montre Paul Barril dans un contexte antérieur et ne documente pas l’annonce de son décès. Aucun nom de photographe ou d’agence ne figurait dans le fichier transmis à la rédaction.

Conformément à la politique de crédit de Noah Décrypte, la mention « archives / DR » est utilisée plutôt qu’une attribution supposée. Le parcours présenté ici s’appuie sur les faits recoupés et distingue explicitement les décisions judiciaires, les accusations et les controverses.